Nous irons à Paris

Mon Oncle,

Il n’y jamais eu autant de François : François Hollande, François Fillon, François Copé, François Bayrou, François Rebsamen… et tant d’autres que je ne cite pas parce qu’ils encombreraient mon propos.

Pour la première fois, le Pape est un François, il est le premier mais n’en fait pas état car cela prêterait à confusion avec notre François 1er trop visible. Par contre, les Saints sont nombreux : François d’Assises, de Paule, de Salles et d’autres.

François est américain, un vrai, car peu d’américains descendent des Incas, des Aztèques, des Séminoles, des Sioux, des Hurons et autres Apaches. Lui, il descend du bateau comme les vrais Américains qui viennent d’Europe, d’Afrique ou d’ailleurs.

François est jésuite ; ça s’est donc bien passé avec Castro qui, élève des jésuites, a dû retrouver sa jeunesse et renouer avec le goût de l’obéissance.

François est allé aux Etats-Unis, mon Oncle, où il a fait des observations.

Au nombre de celles-ci, j’en retiendrai une : il a conseillé d’aller à Paris à la conférence bien nécessaire sur le climat.

Car le Pape veut que l’homme respecte la planète, c’est donc un écologiste, pas un écologiste de café-concert comme ceux que nous avons en France ; l’écologie est trop sérieuse pour qu’elle soit abandonnée aux écologistes.

Aussi, François Hollande est monté au minaret pour appeler les Nations à se rendre à Paris ; il espère d’ailleurs, et ça se voit, redorer un blason qui manque d’éclat, il a remis au charbon son grand vizir de l’écologie qui n’est autre que Madame Royal au prénom catholique et gallo-romain (Ségolène) qui, en femme intelligente et pratique, organise les événements, saisit les occasions, intervient sans délai, parfois à contretemps, mais avec pour objectif visible de soigner son image. Qui pourrait le lui reprocher ?

Quant au Pape, certains se demandent s’il y aura des indulgences pour ceux qui viendront à Paris, comme dans les pèlerinages d’autrefois.

Nous irons à Paris, c’était le titre d’un film de Jean Boyer qui est l’un de ceux de votre jeunesse, mon Oncle, il y a soixante-cinq ans, Ray Ventura et ses collégiens Françoise Arnoul (encore un François !), Philippe Lemaire, Henri Genès et Christian Duvaleix…

Aller à Paris était un voeu de provincial, c’est aujourd’hui celui du monde. Nous souhaitons que ce Congrès réussisse et qu’il en résulte quelques profits pour l’avenir de la planète.

Si malheureusement il n’en était pas ainsi, nous dirions que l’erreur est humaine (Errare humanum est) et que Monsieur Hollande est plus humain que tout le monde puisqu’il se trompe tout le temps (Perseverare diabolicum !).

Votre attentionné Neveu

Innocent Patouillard
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256ème lettre d’Innocent Patouillard, contribuable Castrais, à son Oncle, Célestin Crouzette, propriétaire exploitant à la Montagne