Occitanie : En 2020, plus de décès et toujours moins de naissances

Hausse des décès et baisse des naissances en 2020 => un déficit de plus de 5 000 personnes, qui s’accentue au fil des ans.

Selon les dernières estimations de l’INSEE, l’Occitanie, avec 5 986 000 habitants au 1er janvier 2021, devient la quatrième région la plus peuplée, devançant désormais les Hauts-de-France.

En 2020, le déficit naturel s’accentue en Occitanie. En effet, d’une part, le nombre de décès augmente, avec l’arrivée des générations du baby-boom aux âges de forte mortalité et le contexte exceptionnel de la pandémie de Covid-19. Et d’autre part, les naissances diminuent sous l’effet d’une baisse de la fécondité.

Au 1 er janvier 2021 , l’Occitanie compte 5 986 000 habitants. La région devient ainsi la 4e région française la plus peuplée, devançant désormais les Hauts-de-France. En 2020, 62;495 habitants sont décédés dans la région, un chiffre jamais atteint depuis au moins un demi-siècle. Les naissances, au nombre de 57 331 , sont toujours insuffisantes pour rétablir l’équilibre naturel. Depuis 201 7, la région connaît un déficit naturel qui s’accentue au fil des ans. Ce déficit naturel contribue à faire baisser la population régionale à hauteur d’un habitant pour mille en 2020. En France métropolitaine, les naissances restent supérieures aux décès et l’excédent naturel contribue à faire progresser la population d’un habitant pour mille. Les arrivées en provenance de l’extérieur de la région permettent cependant de conserver une croissance démographique soutenue.

Au final en 2020, la population occitane augmente de 0,6 % contre + 0,2 % en métropole, ce qui correspond à l’équivalent de 37 500 habitants supplémentaires.

La progression est nettement moins importante que dix ans auparavant. En effet, entre 2000 et 2012, la région gagnait en moyenne 60 300 habitants par an.

Une surmortalité plus faible qu’en France métropolitaine

En 2020, 62 495 habitants sont décédés en Occitanie, toutes causes confondues, soit 2 788 de plus qu’en 201 9. Cette hausse de 4,7 % est bien inférieure à celle qui a touché la France métropolitaine (+ 8,9 %). Moins impactée par la première vague de Covid-19, la région subit néanmoins un excédent de décès de forte ampleur à compter de l’automne lors de la seconde vague.

D’une année sur l’autre, l’évolution du nombre de décès résulte de la combinaison de deux phénomènes. D’une part, du vieillissement de la population, qui s’accentue avec l’arrivée des baby-boomers à des âges de forte mortalité ; d’autre part, des conditions de mortalité, qui fluctuent d’une année sur l’autre. Des gains d’espérance de vie continuent d’être obtenus grâce aux progrès dans la lutte contre les cancers et les maladies cardiovasculaires. Mais ponctuellement, des phénomènes exceptionnels peuvent influer sur le nombre de décès (grippe, canicule, Covid-19).

Spécifiquement sur l’année 2020, au-delà de la pandémie qui a touché les plus âgés, l’année a été marquée par une saison grippale de faible intensité et des décès aux âges les plus jeunes moins nombreux (diminution des conduites à risque et des accidents en raison du confinement ou du couvre-feu). Ainsi, les 2 788 décès supplémentaires enregistrés en 2020 peuvent se décomposer selon ces deux facteurs, sans présager des causes effectives de décès. Prise seule, l’augmentation du nombre de personnes âgées sur l’année aurait dû être à l’origine de 1 405 décès en plus. Cependant, les conditions de mortalité exceptionnelles de cette année ajoutent un excédent de 1 383 décès.

La hausse des décès concerne surtout les 65 ans ou plus

En 2020, la surmortalité touche essentiellement les 65 ans ou plus encadré. Le taux de mortalité de cette population s’établit à 39,1 décès pour 1 000 habitants en Occitanie, en hausse de 1 point par rapport à 201 9. Celui des moins de 65 ans est stable, à 1,8 décès pour 1 000 habitants.

L’espérance de vie à 65 ans serait de 19,7 ans pour les hommes et 23,2 ans pour les femmes (1). Elle se réduirait par rapport à 2019 ; les hommes comme les femmes perdraient 0,2 année d’espérance de vie (respectivement 0,6 et 0,3 année pour la France métropolitaine).

Le nombre de naissances continue de diminuer

Après avoir été particulièrement nombreuses pendant dix ans, les naissances amorcent une inflexion à la baisse à compter de 2015. Elles passent sous la barre des 60 000 en 2016 et ne cessent de diminuer depuis. En 2020, 57 331 bébés ont vu le jour en Occitanie. C’est 335 de moins qu’en 2019, soit une baisse de 0,6 %.

L’évolution des naissances est liée à deux facteurs. Premier facteur, le nombre de femmes en âge d’avoir des enfants : alors que cette population diminue en France métropolitaine depuis les années 1990 (avant d’atteindre un palier à partir de 2016), elle est globalement stable dans la région. L’attractivité de la région explique ce maintien. Second facteur, l’évolution de la fécondité de ces femmes. Après avoir fluctué autour de 1,9 enfant par femme durant une dizaine d’années, l ’indicateur conjoncturel de fécondité accuse une nette diminution ; en 2015 : i l passe de 1,87 à 1,83 enfant par femme en Occitanie. Il continue ensuite à diminuer et s’établit maintenant à 1,7 enfant par femme (1,8 en métropole). Comme ailleurs, les femmes ont leurs enfants de plus en plus tard (en moyenne à 31 ans, contre 27 ans quarante ans auparavant).

Ainsi , entre 2019 et 2020, la baisse des naissances (- 335) résulte quasi intégralement de la diminution de la fécondité.

Source Insee (Magali Flachère)

Insee Flash Occitanie n° 108, mars 2021