On ne combat pas le racisme en remuant la boue des faits divers

L’autre dimanche a été lancée une campagne nationale, spots télévisés à l’appui, pour dénoncer la montée des actes islamophobes. Le moment était-il bien choisi, après Bruxelles, pour dire : « Vite ! Il faut plus de multiculturalisme et de mixité sociale » ? Le « vivre ensemble » ! Mais Manuel Valls a déclaré : « Nous sommes en guerre ! » Ce n’est pas avec des mots creux, un comportement de « bisounours », de bons sentiments factices et des spots publicitaires qu’on la gagnera. Que je sache, le racisme n’est pas le fait de ceux qui se font tuer gratuitement dans les rues de nos villes. Et quid du racisme « anti-blancs » ?

L’occident tout entier est dans l’état du syndrome de Stockholm, c’est aussi simple que cela. On ne combat pas le racisme en remuant la boue des faits divers ou en mettant en exergue des caricatures d’intolérance ! Il y a une seule réponse, inscrite au fronton de nos mairies : « Liberté, Egalité, Fraternité ». Tant que le sentiment national, l’amour du drapeau, le patriotisme seront considérés par des imbéciles comme des gros mots, le racisme perdurera. Mais nous sommes dans l’esprit de Munich… En 1938, le gouvernement, qui était à peu près aussi nul que celui d’aujourd’hui, pensait qu’il suffisait de décréter la paix pour ne pas avoir la guerre ! Daladier et Chamberlain baissèrent le pantalon devant Hitler comme nos politicards le font devant l’islam. Nous aurons une nouvelle fois le déshonneur et la guerre, pour rappeler les propos de Churchill.

L’islamisme peut manifestement frapper n’importe quelle cible, qu’elle soit aussi banale qu’une terrasse de café ou stratégique qu’un aéroport ? L’arrestation d’Abdeslam à Molenbeek et les attentats de Bruxelles montrent que les terroristes islamiques sont en Europe comme des poissons dans l’eau. La théorie des « loups solitaires », pauvres jeunes issus de l’immigration à la limite de l’aliénation mentale, qui faisait florès à Paris comme à Bruxelles il n’y a pas si longtemps, vole en éclats. Le djihadisme européen est bien une organisation structurée dotée de stratégie, d’appareil logistique et surtout de bases de repli où les terroristes sont protégés par leur population.

Etre haï jusqu’à la folie, être exécré jusqu’au meurtre est une expérience très nouvelle pour les occidentaux. La pandémie « droits de l’hommiste » contamine tous les pays de l’Union Européenne. Mais les pays de l’Est (la Pologne en tête) se rebiffent, eux. Eux savent de longue date ce que valent des idées trop progressistes pour être honnêtes. Nos penseurs à nous qui n’ont pas eu à souffrir du communisme n’admettent pas – ou refusent d’admettre – cette défiance naturelle de tout peuple pour l’envahisseur, d’où qu’il vienne. Bavards et perroquets… En dépit des tragédies, on continue à se saouler de mots : laïcité, valeurs, vivre ensemble, pas d’amalgame, altérité, tolérance. Ni les morts, ni le sang versé, ni les deuils, rien ne stoppe la jactance des penseurs de service ! Peut-on encore parler de « penseurs » ? Après l’arrestation d’Abdeslam, François Hollande n’a-t-il pas déclaré dans une phrase d’une grande profondeur : « Les terroristes ont recours à des armes qui peuvent tuer ». Merci à notre distingué Président de nous prévenir qu’il ne s’agit pas de jouets en plastique !

La République est parée de toutes les valeurs. Elle a pris le relais des âmes, secondée dans cette tâche par son double, son ombre, le laïcisme, plutôt anticlérical, qui est, il faut le dire, à la laïcité ce que l’islamisme est à l’islam. Pourquoi, alors, ne voit-on pas des musulmans descendre en masse dans les rues pour manifester en condamnant le fanatisme de quelques-uns ? Les vrais problèmes que pose cette non-participation sont ceux du communautarisme, des bandes des cités, des valeurs différentes et des règles de vie aux antipodes de celles d’une majorité de citoyens. C’est pour ne l’avoir pas compris qu’aujourd’hui les gouvernements français et belge en sont là…

La démocratie a son talon d’Achille dans une liberté sans limites, où le passionnel, le parti-pris, l’idéologie ont libre cours. Il est trop tard pour réagir. Nous sommes trop lâches. Au fil du temps nous avons toléré l’intolérable et accepté l’inacceptable. Beaucoup d’entre nous sommes désormais trop vieux pour en souffrir. Mais les jeunes à qui l’on a par faiblesse doré la pilule ne vont-ils pas le payer durement ?

En face de cette situation, pensons à Bossuet : « Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes »…

Pierre Nespoulous