#OnVeutLesNoms

Fin juillet, quatre ans après l’horrible meurtre du Père Hamel sous les cris de « Allah Akbar » en pleine messe dans une petite église, qu’est-ce qui a changé ? Les églises brûlent, les uns après les autres les meurtres barbares s’accumulent, devenus ordinaires dans une terrible chronique de faits divers. Alors que les récents assassinats de Mélanie Lemée et Philippe Monguillot sont dans tous les esprits, à Brest, Nicolas, 35 ans, tabassé à coups de barre de fer pour avoir demandé le silence à deux « jeunes », a récolté 15 jours de coma et de graves lésions cérébrales et à Lyon, Axelle Dorier, jeune aide-soignante, a été volontairement heurtée et mortellement traînée sur 800 mètres par une voiture, lui arrachant un bras.

En réaction à ces derniers drames, est sorti sur les réseaux sociaux le hashtag #OnVeutLesNoms, les journalistes cachant volontairement des informations, en l’occurrence, des noms « typés ». La création de ce site est la conséquence d’une exaspération face à la manière dont les médias traitent ce genre de dossier. Et là, effectivement, avec les réticences habituelles, à défaut d’avoir les noms, on a eu les prénoms du chauffeur et du passager de la voiture incriminée : Youcef T. et Mohamed Y.. Pour le meurtre du gendarme Mélanie Lemée, on l’a vu, c’était Yassine. D’ailleurs, les Français ne sont pas dupes et lorsqu’un nom n’est pas stipulé, c’est souvent un de ces délicieux personnages venus d’ailleurs qui est évoqué. Dire les noms est évidemment essentiel quant au devoir d’informer ! Mais la répétition devenue quotidienne de noms aux mêmes consonances devrait alerter ceux qui parmi les élus ont le charge de la sécurité et de l’ordre public.

Le plus consternant dans tout cela, c’est le silence assourdissant d’une communauté qui prétend que le Coran est paix et amour… A quand l’exégèse publique indispensable ? Pas d’amalgame ? Je suis d’accord. J’attends un immense défilé de protestation des musulmans de France, de la République à la Nation, une marche blanche avec des fleurs, pour dire qu’ils ne sont pas d’accord avec ces fous, pour affirmer leur amour de la France nourricière, de la France refuge, de la France éternelle qui les accueille. Mais n’est-ce pas un dialogue de sourds entre ceux qui déguisent leurs femmes en Belphégor et nous qui les déshabillons pour vendre des yaourts ?

Les Français ne sont pas là pour réagir ou manifester contre des assassins, mais pour vivre leur vie comme ils l’entendent, dans le respect des lois qui existent. Le problème vient des pouvoirs publics qui ont laissé faire, sacrifié, démantelé, déséduqué depuis des décennies, ce dont on paie aujourd’hui les conséquences. J’ai entendu Emmanuel Macron : « Tolérance zéro pour cette recrudescence d’incivilités ». Que rajouter, quand un Président nomme « incivilités » de tels crimes barbares ? Ce n’est ni une bourde, ni une faiblesse, mais une faute impardonnable de plus. Ou alors, ces victimes font partie de « ceux qui ne sont rien » ?

Il y a des « origines » toujours révélés au public, celle de l’ancien légionnaire et de l’adhérent du FN/RN. Ou ex-adhérent, ou sympathisant, ou voisin. Dans ces affaires, l’absence pudique de noms « exotiques », juxtaposée aux mentions complaisantes de noms « souchiens » comme Dupont de Ligonès, Fourniret, Lelandais ou Alexia Davin, projettent une éclatante lumière sur cette origine que cherche à cacher la bien-pensance journalistique, comme le caviardage indiquait, à une autre époque, l’évidente présence de la censure. Au-delà des noms qu’il est, bien sûr, utile de connaître, ne serait-ce que parce que tous les criminels se valent et qu’il n’y a aucune raison d’en protéger certains, il serait temps que les Français s’interrogent sur tous les renoncements qui les ont conduits à vivre désormais dans un pays d’une telle sauvagerie. La sécurité est notre première liberté, la priorité est de défendre notre civilisation.

Desproges disait quelque chose comme « Nous vivons dans une société où tous les vrais problèmes ont été réglés en appelant un chat un chien ». Mais ne dit-on pas que le peuple supporte aisément son malheur quand ses gouvernants ont l’art de le lui cacher ? Le site #On VeutLesNoms a le mérite de vouloir en finir avec l’hypocrisie. Car, selon Albert Camus, « Ne pas désigner les choses par leur nom, c’est ajouter aux malheurs du monde »

Pierre Nespoulous