« Pendant ce temps, la ruralité crève : dans la dignité et sans violence ! »

Voiture en feu cette nuit à Aulnay-sous-Bois. Capture d'écran LCI

Depuis la brutale interpellation d’un jeune homme de Seine-Saint-Denis, les banlieues s’enflamment : plus exactement, voitures, bâtiments publics et privés. Des patrouilles de police sont attaquées, des « Allahou akbar» résonnent, le ministre de l’intérieur ne sort de son silence qu’après huit jours de violences : et nous sommes en état d’urgence !

Partout l’Etat recule, quand progressent le trafic de drogue et le fondamentalisme musulman. Des dizaines de milliards d’euros ont été pourtant engloutis dans les banlieues. On repeint les HLM dans les cités où des jeunes femmes n’ont pas le droit de sortir sans voile.

Pendant ce temps, la ruralité crève : dans la dignité et sans violence ! Agriculteurs, commerçants et artisans étouffés par les charges, mairies privées de leurs capacités d’investissement, hôpitaux de proximité en soins palliatifs, déserts médicaux, très haut débit réservé aux zones urbaines.

Quand le désordre est partout, la justice est nulle part. On peut être solidaire des forces de l’ordre sans excuser les violences commises par certains de ses membres. Mais on ne peut accepter la haine dont ils sont l’objet et pas plus l’incapacité, souvent, à tenir le terrain faute de moyens nécessaires. Il n’est pas supportable non plus que les villes des banlieues perçoivent vingt fois plus de subventions que les villages où l’on respecte la loi.

Demain, c’est l’égalité stricte des moyens financiers qui doit s’imposer entre la France rurale abandonnée et les « quartiers » où la République est absente. C’est le projet de François Fillon et c’est aussi l’un des enjeux de l’élection présidentielle.

Bernard CARAYON
Maire de Lavaur