Présidentielles : la préhistoire

Le spectacle déroulé de la préparation des élections présidentielles montre à l’évidence que rien n’est commencé puisque rien n’est irréversible.

Comme on le disait autrefois à la caserne, nous sommes à l’école du soldat sans armes, attributaire de sondages qui nous livrent un immédiat souvent sans continuité d’un jour à l’autre.

Monsieur Eric Zemmour n’est pas encore candidat. Le président Macron non plus, il le sera sûrement avant l’ouverture du scrutin. Chacun vaque à des occupations plus ou moins annonciatrices des combats à intervenir.

Tout le monde est parti trop tôt ce qui montre à l’évidence que personne n’est en retard.

L’impression est que nous assistons, ici et là, à des répétitions partielles d’une pièce qui n’a pas été écrite.

Quelques idées surnagent de cette préparation marécageuse.

La première est que l’inévitable duel « Macron/Le Pen » dont ne veulent pas les français pourrait ne pas avoir lieu.

La deuxième est que l’armée partisane du président que prépare François Bayrou n’est pas une maison commune mais plutôt un lotissement car d’autres, comme Edouard Philippe, y construisent un immeuble différent qui est plutôt celui de demain que celui d’aujourd’hui.

A gauche, Jean-Luc Mélenchon, doué d’un verbe attractif, d’une culture historique et politique certaine, a le défaut d’être, dans ses entreprises de réunification de la gauche, beaucoup trop intelligent pour ne pas raisonner de travers.

Les autres formations de gauche apparaissent misérables.

Du côté des écologistes, leurs propres divisions les empêchent de peser le poids qui pourrait être le leur.

Quant aux Républicains, il reste qu’ils n’ont toujours pas passé leur Rubicon et, depuis César, le Rubicon ne peut être franchi que par un seul.

Le choix auquel ils sont conduits est non seulement celui des présidentielles mais aussi de leur existence même car ils sont devenus pour cette consultation plus un parti d’électeurs qu’un parti de militants.

Si donc leur but est de battre le président, ils doivent faire appel au moment de choisir un candidat à ce bon sens qu’ils ont souvent montré plutôt qu’à une adhésion politique primaire qui s’en portera d’ailleurs mieux s’ils réussissent.

L’actualité politique continuera d’être livrée aux divers théâtres d’ombre qu’entretiennent les médias sur les scènes toujours provisoires des illusions.

Jacques Limouzy