Primaires de gauche (suite)

Les primaires de la gauche n’ont pas attiré les foules : 11 000 dans le Tarn (contre 20 000 pour les primaires de la droite) 1,6 million en France (contre 4,2 millions). On comprend ses électeurs après un quinquennat de trahisons et de mensonges.

On connait l’expertise du PS en matière de trucages : trucage du nombre de chômeurs, trucage sur l’ampleur des déficits et des manifestants contre ses lois. Cette fois, le trucage a porté sur le niveau de la participation[1], jugée, le soir des résultats, trop mince. Il faut dire que François Hollande, qui n’a pas voté, avait montré la voie en se rendant au théâtre parisien des Bouffes (!) le premier soir, puis dans le désert d’Atacama au Chili lors du second tour.

Les primaires opposent donc celui que les hollandistes appellent Brutus – accusé d’avoir donné le dernier coup de couteau au président afin qu’il ne se présente pas – et le « frondeur », M. Hamon. Inutile d’ironiser sur le niveau de cette compétition : on a les géants qu’on peut. M. Hamon est le promoteur du revenu universel. Une fantaisie à 400 milliards, grâce à laquelle le travailleur et le chômeur, le riche comme le pauvre gagnera le même revenu (750 euros). Il faut être socialiste pour inventer cela. Même Manuel Valls s’est légitimement insurgé. M. Hamon veut aussi, parmi ses projets « fumeux », légaliser la consommation du cannabis. Comme M. Macron d’ailleurs, qui, simultanément, prône une « génération sans tabac ». Auraient-ils, selon une expression familière, « fumé la moquette » ?

Voilà ce qu’est devenu le parti de Jaurès, de Blum et de Mitterrand. J’en viens à regretter le promeneur solitaire des quais de Seine, furetant chez les bouquinistes, prenant à Verdun la main du chancelier Kohl et qui ne se serait pas attardé avec les hommes que nous évoquons.

Bernard Carayon
Ancien député du Tarn
Maire de Lavaur

[1] Lisez l’excellent article de Marianne !