Propos d’actualité

Après l’overdose de commémorations, dans un retour au quotidien gris et difficile, il reste le Salon de l’Agriculture. «Ils sont venus, ils sont tous là», comme dit la chanson. Pour nos politiques de haut rang, François Hollande en tête, ce salon est le championnat de France de l’hypocrisie, où il s’agit de s’attirer les faveurs du monde agricole avant les prochaines échéances électorales.

En se demandant comment faire du « people » sur le dos de gens qui travaillent dur, dans cet obscur défilé où tout le monde vérifie bien qu’il est sur la photo avant de repartir. Et le journaliste, à l’affut de « petites phrases », constate que, à un mois d’échéances électorales, sortent les belles promesses habituelles, plus vite que ne tire Lucky Luke !

Je parlais plus haut d’« overdose ». Il y a aussi celle des sondages. Un mois durant, nous allons encore les subir, en constatant leur relativité. Car, à propos d’élections départementales, comment peut-on mesurer par un sondage global des élections locales ? Il est clair toutefois que l’effet du 11 janvier, cette union nationale sur laquelle nos gouvernants aimeraient tant surfer, est passé. Une fois la vague arrivée sur la plage, on ne peut plus surfer dessus. D’un autre côté, l’effet Macron a bien surgi des flots. Mais, cette fois, les surfeurs sont tombés dans les rouleaux, et leur planche de salut s’appelle le 49-3. Cela aura été le seul miracle de cette loi, on ne peut plus anti-socialiste, qui aura pu passer grâce à cet artifice, suivi d’un « vote de confiance » que l’on devrait plutôt baptiser « vote de contrainte », seul moyen pour les frondeurs de sauver leur place de député. Maintenant, Hollande et Valls s’étonneraient de retomber dans les sondages ? Ils vont retrouver leur niveau correct, c’est-à-dire médiocre.

Certains élus, aidés par un monde médiatique à leur botte, se donnent bonne conscience en tapant sur le FN, en espérant le faire disparaître avec la même technique que les sorciers africains qui dansent pour faire tomber la pluie. Leurs commentaires ne font qu’attiser les antagonismes au lieu de tenter par des attitudes constructives d’ouvrir les yeux de ceux qu’ils veulent détourner du radeau. Mais il est plus facile de se rêver en « Zorro » que d’être simplement objectif et efficace. En ce domaine, le n° 1 du PS Jean-Christophe Cambadélis a mis le feu aux poudres en faisant un lien entre la profanation d’un cimetière juif à Sarre-Union, dans le Bas-Rhin et la progression du vote FN dans cette région. Quand la bêtise sert d’argument politique, c’est que ce système est gravement malade et que ses acteurs ne se grandissent pas à se vautrer dans un marigot médiatique. Et surtout ceux qui, compte tenu de leur passé judiciaire, feraient mieux de se taire! Cette attitude diabolisant et ostracisant le FN est totalement inefficace et même contre-productive, les sondages et les scrutins nous en apportant jour après jour, la démonstration. Nos politiques devraient savoir que, comme dans le commerce, il ne faut jamais négliger un concurrent qui prend des parts de marché.

Après l’épisode qui a vu la gauche ébranlée, le PS divisé avec ses « factieux », une motion de censure à l’initiative de la droite votée par les communistes, et la loi Macron passée « aux forceps » se profile à l’horizon une « loi travail ». Elle a, selon Manuel Valls, pour objectif de proposer « un nouvel ordre social ». Nouvel ordre ? Cela fait un peu dictatorial, non ? Après « apartheid », le premier ministre choisit des mots lourds de sens. Un petit caudillo dont on devra freiner les ardeurs ? Des réformes utiles, nous les attendons depuis deux ans et demi après la désormais célèbre anaphore du « Moi, je… ». Mais si ce sont des réformes pour continuer à brimer la classe moyenne et les travailleurs, les Français resteront farouchement contre. Car si une « loi travail » doit faire baisser les revenus, augmenter les impôts et cotisations, baisser les retraites, tandis que, par angélisme ou par incapacité, on ne s’occupe pas des questions de fond comme l’assistanat et l’immigration débridée, rien ne changera.

Nouvelle loi ? Par exemple : article 1 : « Il sera impossible, quoi qu’il arrive, et quel que soit l’empilage d’aides et allocations diverses, de gagner plus sans travailler qu’en travaillant »… Et encore, au fait : où est cette grande réforme fiscale promise par l’homme au scooter ?

 Pierre Nespoulous