« Puygouzon-Labastide-Dénat » à la Une de la Revue du Tarn

Quiconque arrive à Albi en venant de Castres ne manque pas de remarquer le village perché de Labastide-Dénat, puis, continuant sa route, les ruines isolées de l’église de Montsalvy. Quelques centaines de mètres plus loin, l’immense zone commerciale et d’activités de Puygouzon dissimule au regard les vestiges castraux de l’ancien village. Depuis janvier 2017, les deux communes de Labastide-Dénat et de Puygouzon n’en forment plus qu’une, 190 ans après une première union entre Puygouzon et Montsalvy.

Ce numéro s’ouvre avec deux contributions majeures de Cédric Trouche-Marty. La première analyse finement la carta pentha et vehuta, connue et célèbre, mais peu exploitée. Cette représentation cartographique du début du XIVe siècle – actuellement exposée aux archives nationales – offre une plongée concrète dans l’espace médiéval puygouzonais.

La seconde propose de redécouvrir l’histoire des trois castra de Labastide-Dénat, Montsalvy et Puygouzon à la lumière des modes d’occupation de ces lieux à la fin du Moyen Âge. Virginie Massol et Jean Le Pottier présentent ensuite les trésors d’art religieux des trois églises de la nouvelle commune. Au-delà du masque mortuaire de Jeanne de France, épouse du roi Louis XII et fondatrice de l’ordre des annonciades ou du tableau-reliquaire de Labastide-Dénat, le lecteur restera à coup sûr confondu par la richesse et la variété des œuvres d’art visibles dans ces trois édifices. Enfin, Gérard Alquier raconte l’histoire du couvent des annonciades d’Albi, auquel Puygouzon-Labastide-Dénat doit tant. Ces deux communes qui n’en forment
plus qu’une doivent se forger une identité culturelle et s’approprier leur patrimoine. Ce numéro de la Revue du Tarn propose modestement d’y contribuer.

La seconde partie de ce numéro de la Revue du Tarn permet au lecteur de voyager dans le département. Au nord, c’est Jean-Pierre Izard qui évoque quelques grandes figures de peintres du Carmausin ; au sud, Daniel Laonet décrypte les vitraux de l’église castraise de Laden et s’interroge sur la paternité de ces œuvres tandis que l’universitaire américain Jacques Merceron fait revivre de séduisantes et inquiétantes fées occitanes, qui hantaient les versants de la montagne noire. Enfin, Bernard Muller retrace l’histoire de la famille Pujol, baron de Lagrave.

Les chroniqueurs sont toujours fidèles au rendez-vous ainsi que les comptes rendus d’ouvrages traitant du Tarn, témoins de la vivacité intellectuelle du département.

À tous, la Revue du Tarn souhaite une lecture instructive et divertissante et une très bonne année.

Guillaume GRAS