Quand le crétinisme devient criminel

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Mon Oncle,

Le Maréchal de Mac-Mahon dont on connaît les surprenantes réparties, pas toujours authentiques, car on ne prête qu’aux riches, aurait mérité de figurer en bonne place sur nos réseaux sociaux d’aujourd’hui.

Que n’avait-il pas dit ? Après le “J’y suis, j’y reste” de la tour de Malakoff qui est tout à son honneur, ce sera à la revue le “C’est vous le nègre et bien continuez” ou encore “la typhoïde est un mal redoutable, on en meurt ou on reste idiot, je le sais, je l’ai eue”. Enfin aux inondations du Sud-Ouest, le “que d’eau, que d’eau et encore on ne voit que le dessus”.

C’est ainsi qu’il aurait pu dire aujourd’hui, “Si vous vous jetez à l’eau, attachez votre bicyclette à votre jambe, vous remonterez mieux”.

Mais les voix ne crient plus dans le désert mais sur les portables, sur Facebook, sur les réseaux sociaux du petit écran d’Internet où elles sont comme la langue d’Esope, la meilleure et la pire des choses.

Mais comme le crétinisme est devenu général, les conséquences sont désastreuses puisqu’on obéit à n’importe qui pour faire n’importe quoi.

Sur les réseaux sociaux, mon Neveu, je vois le crétinisme dont le centre est partout et la circonférence nulle part progresser vers l’infini entraînant avec lui beaucoup trop de jobards, goitreux, hilares de tout et de rien, en voie de décadence intellectuelle et n’analphabétisation rampante.

La puissance de l’instrument, en soi merveilleux, qui permet aux réseaux sociaux d’exister est telle qu’il fabrique sans arrêt des bataillons de crétins qui se combattent et s’invectivent jusqu’à livrer à la dégustation générale, un brouet de stupidités arrosées de bonnes lampées de vulgarité.

Mais il semble qu’on n’en reste pas là. Des imbéciles, porteurs d’instructions stupides ou de canulars dangereux, arpentent les réseaux à la recherche des plus naïfs et des plus incrédules d’entre nous.

Si ça continue, j’enverrai le portable et l’ordinateur rejoindre la télévision de l’écurie.

Car si l’invasion des crétins persiste, il n’y aura plus que vous, moi et mon âne qui seront normaux.

Célestin Crouzette 

242ème lettre de Célestin Crouzette, propriétaire exploitant à la Montagne, à son Neveu, Innocent Patouillard, contribuable Castrais