Qui sont les musulmans de France ? Un sondage inquiétant.

C’est un sondage inquiétant, commandé par l’Institut Montaigne[1], que vient de publier le Journal du Dimanche (JDD)[2].

Le JDD s’arme de précautions : « Fallait-il réaliser une enquête sur les musulmans qui vivent en France ? ». Etonnante question alors que d’innombrables enquêtes et ouvrages ont été publiés sur les catholiques, les protestants et les juifs sans que leur opportunité n’ait été discutée. Le débat serait-il libre dans certains cas et tabou dans un autre ? De même, l’analyse critique – parfois violente et injurieuse – des fondements du judéo-christianisme et de la doctrine de l’Eglise ne supporterait aucune limite alors que celle de l’Islam traduirait une opinion discriminatoire. Comme si l’interdiction coranique de l’interprétation de l’Islam et de sa portée dans le monde contemporain devait s’imposer aux non-musulmans, en particulier dans le pays – le nôtre – où s’est forgée, quelques siècles après l’Angleterre, la liberté d’opinion et d’expression ! L’islamophobie (qui n’est littéralement que la peur de l’Islam et non sa haine) est un délit : pas la cathophobie des athées et des salafistes…

Opportunément, ce sondage exclut la question de l’antisionisme et de l’antisémitisme, comme s’il ne fallait pas risquer de « faire d’amalgame » avec une pensée honnie en Occident.

Ce sondage est inquiétant, autant sur la façon dont ses résultats sont présentés que sur ses résultats eux-mêmes.

Il souligne que les musulmans sont « moins nombreux qu’on ne le dit » (3 à 4 millions) composés d’une « majorité de laïcs et d’un tiers de rigoristes »… Mais quand on rentre dans le détail, certaines réponses sont édifiantes : 44 % des femmes n’acceptent pas d’aller dans une « piscine mixte », 58 % des hommes et 70 % des femmes sont favorables au voile partiel (hijab), 20 % des hommes et 28 % des femmes au voile intégral (burka ou nikab), 81 % considèrent que les enfants doivent pouvoir manger « halal » dans les cantines scolaires, 60 % que les filles doivent avoir le droit de porter le voile au collège et au lycée, 48 % que l’identité religieuse doit pouvoir être affirmée au travail, 60 % que l’employeur doit s’adapter aux obligations religieuses de ses employés, 29 % que la loi islamique (charia) est « plus importante » que la loi de la République…

Résumons : piscine à horaires séparés, menus communautaires, voiles, immixtion de la religion dans l’entreprise, supériorité de la loi religieuse sur la loi civile… Un tiers, au moins, des musulmans en France est en conflit frontal avec notre histoire, nos valeurs, nos lois, notre mode de vie.

Les optimistes et les naïfs souligneront que cette minorité est minoritaire dans une population minoritaire.

Mais ce n’est pas une minorité comme les autres, parce qu’elle est portée par un mouvement mondialisé, financé par des puissances étrangères richissimes (les monarchies du Golfe), pénétrée par des réseaux terroristes, disposant d’une façade – le salafisme – que l’on ne combat pas dans la France de François Hollande, avec sa mythologie guerrière, sa doctrine (l’Islam des origines, donc l’Islam « pur »), ses comportements moyen-âgeux qui séduisent chez nous les illettrés issus de notre système éducatif et qu’entretiennent quelques intellectuels cyniques comme Tarik Ramadan.

Ce sondage est d’autant plus inquiétant que l’espoir que portaient beaucoup de Français dans la volonté d’émancipation des musulmanes d’un monde misogyne est sérieusement altéré, les « sœurs » n’étant pas les moins « rigoristes ».

Les initiateurs de cette enquête font le pari de l’Islam « spirituel » contre l’Islam « politique ».

Comme l’a rapporté Nicolas Sarkozy lors d’une émission sur France 2, « si vous êtes Français, vous vivez selon le mode de vie français ». Et s’adressant à un imam (comorien et proche des salafistes) il a martelé : « en France, on serre les mains des femmes. En France, les filles vont à l’école non voilées. En France, la femme est exactement l’égale de l’homme (…) C’est à l’Islam de s’intégrer dans la République, et non pas à la République de s’adapter à l’Islam ».

L’essentiel est dit. A chacun d’en comprendre le sens et les conséquences. Il y a beaucoup de pays dans le monde qui sont prêts à accueillir les musulmans qui ne se plieraient pas à nos lois. A ceux d’entre eux qui sont Français de comprendre que les républicains ne plieront pas.

Bernard Carayon
Président de la fédération des Républicains du Tarn
Maire de Lavaur (LR)

[1] Un cercle de réflexion parisien très libéral, dirigé par la cheville ouvrière du mouvement d’Emmanuel Macron.

[2] 18 septembre 2016.