« Quoi qu’il en coûte » ! 

Il y a un an, avant le premier confinement, il y eut ce discours très solennel d’Emmanuel Macron, face à « la plus grave crise sanitaire depuis un siècle ». Le fameux « quoi qu’il en coûte » a marqué les esprits. Cette formule magique capable de résoudre nos problèmes confirmait bien l’entrée dans le monde de l’Hyperdette. Pandémie oblige, finie l’austérité et la règle imposant un déficit public inférieur à 3% du Produit Intérieur Brut, critère « de convergence » de la zone Euro ! On ne compte plus les mesures d’exception et les centaines de milliards mobilisées pour amortir le choc du Coronavirus, bouquet final de l’Etat Providence. Une majorité de Français est favorable à la poursuite, voire à l’élargissement des dispositifs de soutien économique.

Dans le budget de l’Etat, depuis plus de trente ans, les dépenses sont plus élevées que les ressources, il est en déficit. Pour financer ce déficit qui se creuse un peu plus chaque année, l’Etat est obligé d’emprunter et donc de s’endetter. Que le gouvernement conserve l’initiative de ce qu’il convient de faire en matière de finances publiques est normal. Mais ce n’est en aucun cas brader cette initiative que de connaître, à un instant donné, la situation des finances publiques.

Alors que les dettes publiques liées à la pandémie du Covid 19 explosent dans tous les pays du globe, celle de la France devrait atteindre 125% du PIB en 2021. Est-on plus avancé quand on connaît le montant de la dette?  2. 625 milliards d’euros fin 2020 (source INSEE) est une somme dont la dimension exacte échappe assurément à l’esprit de tout un chacun. Est-ce tirer des traites sur l’avenir? Qui va devoir payer? Cela permet à des économistes comme François Lenglet d’éditer des livres… L’optimiste envisage une relance de l’économie après la crise pour remonter le courant, le pessimiste une nouvelle charge sur le dos du contribuable déjà si accablé.

Faute d’être un économiste professionnel, un de mes amis m’ a transmis son analyse qui, si elle manque assurément de sérieux, reste pleine d’humour pour traduire en langage simple le circuit d’une dette, le Français éprouvant bien des difficultés à en cerner les aspects techniques et à les analyser :

« Une journée maussade dans un petit bourg de province. Les visiteurs se font rares et tout le monde vit à crédit. Arrive un riche touriste étranger. Il s’arrête devant le seul hôtel du patelin et il entre. Il dépose un billet de 500 € sur le comptoir et demande à voir les chambres disponibles afin d’en retenir une pour la nuit. L’hôtelier lui confie les clés et lui dit de choisir celle qui lui plaira. Et aussitôt il prend le billet de 500 € et file chez le boucher régler la dette qu’il a envers celui-ci. Le boucher se rend immédiatement chez l’éleveur de porcs à qui il doit 500 € et règle sa dette. L’éleveur, à son tour, fonce régler sa facture à la coopérative agricole où il se fournit en aliments pour le bétail. Le directeur de la coopérative se précipite au bar-tabac régler son ardoise. Le barman glisse son billet à la femme aux moeurs légères qui lui accorde ses faveurs à crédit, laquelle, qui occupe les chambres avec ses clients, retourne acquitter sa dette chez notre hôtelier qui repose le billet sur le comptoir, là où le touriste étranger l’avait posé auparavant. Ce dernier, après avoir redescendu l’escalier annonce que les chambres ne lui conviennent pas, récupère son billet et s’en va ! »

Personne n’a rien produit ! Plus personne n’est endetté ! Mais chacun de ces contribuables déclare ces 500 € encaissés au titre de ses revenus. Ce n’est pas la peine d’avoir fait l’ENA pour comprendre les plans de financement…