Rescapé d’une éliminatoire, l’élu présidentiel est fragilisé sur seulement cinq ans

La vie en politique, lorsqu’elle se fait électorale, s’exprime volontiers dans le négatif car il est toujours plus facile de savoir ce qu’on ne veut pas, que ce qu’on veut !

Lorsqu’aucun drame national ne menace, les électeurs sont visités par la permanence du doute qui fait d’un choix qui devrait être positif, le solde de ce ou de ceux que l’on veut rejeter.

Une campagne électorale, surtout présidentielle, s’analyse trop comme une décantation laissant émerger celui qui sera le moins rejeté et c’est là, que le risque apparaît de voir un candidat élu pour ce qu’il n’est pas et non pas pour ce qu’il est.

C’est ainsi que le vote « contre » devient opérationnellement positif, c’est ainsi que les élections présidentielles de 2002 consistèrent à voter contre Jean-Marie Le Pen, c’est ainsi que celles de 2012 consistèrent à voter contre Nicolas Sarkozy, c’est ainsi que celles de 2017 pourraient, s’il se présente, consister à voter contre François Hollande quels que soient les efforts qu’il fait pour améliorer une image qu’il, il faut le dire à sa décharge, n’a jamais eue.

Ainsi, celui qui devra conduire la Nation saura, parce qu’il aura été élu, ce qu’il ne doit pas faire mais il saura moins ce qu’il peut faire au cœur d’un mandat qui est opérationnel seulement sur deux ans puisqu’il en faut un pour y entrer et deux pour en sortir.

Comment ne pas convenir qu’il est difficile d’organiser, dans des conditions aussi brèves, un mandat imposé par quelques constituants de rencontre dans un référendum dont personne ne se souvient, même pas ceux qui, quasi-introuvables, ont voté oui.

Jacques Limouzy