Ségolène : les déserts, les pôles et après

Ils étaient des milliers rassemblés en groupe compact sous le soleil voilé de l’Antarctique. Ils semblaient causer entre eux de quelques malheurs. C’étaient les pingouins, ils avaient perdu leur Reine même s’ils ne l’avaient jamais vue.

C’était une fille d’officier supérieur élevée par des religieuses catholiques romaines. Mais c’était une rebelle, elle allait adopter une idéologie finissante dont elle espérait relever le flambeau. Son seul défaut, d’après un certain Montebourg, c’était son compagnon. Elle était la candidate naturelle socialiste à la Présidentielle de 2007.

Elle fut opposée à Nicolas Sarkozy, intriguant notoire bien connu et elle perdit.

Evincée, son compagnon la remplaça par une succession de favorites qui devinrent encombrantes. Ce Président que Jean-Luc Mélenchon appela « le capitaine de pédalo » la laissa traverser un désert politique éprouvant.

Puis, en fin de parcours, un maroquin lui échut et elle fut même envoyée aux obsèques du leader Maximo Fidel Castro dont elle fut le thuriféraire excessif.

La fin de Monsieur Hollande traîna comme dans une cour orientale avec ses intrigues et ses prétendants. Ségolène se rapprocha alors de celui qui lui semblait le plus performant (Emmanuel M.) espérant en tirer quelques profits qui en définitive ne vinrent jamais. Enfin, on lui jeta un os à ronger : une ambassade surréaliste auprès des pôles.

Mais une Ambassade, quelle qu’elle soit, comporte la nécessité d’une solidarité avec le Gouvernement et l’obligation de ne pas s’en prendre vigoureusement au Chef de l’Etat qui l’avait nommée.

Après avoir, sous deux Présidents, traversé les déserts, atteint les pôles, observé le vide sidéral de la gauche et considérant le statut d’amuseur public de Jean-Luc Mélenchon, elle voit aujourd’hui un peuple français qui, comme les pingouins orphelins, attend une mère de la qualité présidentielle de Ségolène Royal.

Jacques Limouzy