« Semaine du cinéma italien » au Lido de Castres

Partager sur :

Pendant des décennies le cinéma italien a été le meilleur d’Europe. Les années « Berlusconi » ont été plus difficiles, mais il faut actuellement saluer l’émergence de nouveaux talents, malheureusement encore peu distribués en France. Depuis plus de dix ans Colori d’Italia et les Cinglés du cinéma s’associent chaque année pour un hommage au cinéma transalpin. Cette année 5 films sont offerts à la curiosité des cinéphiles et amoureux de la culture italienne.

Heureux comme Lazzaro d’Alice Rochwacher ouvrira le cycle mercredi 23 janvier. La réalisatrice, dont nous avions admiré Les merveilles il ya 3 ans livre une fable poétique, symboliste et politique sur les désillusions du monde contemporain. Prix du scénario au Festival de Cannes 2018, ce film est mystérieux et envoûtant.

Le week-end du 26 et 27 janvier, avec deux films de 2018 et deux films des années soixante permettra de confronter le cinéma de deux époques.

Le bel Antonio de Mauro Bolognini fut en 1960 un sacré choc ! Faire de Marcello Mastroiani, le latin lover par exellence un homme impuissant, il fallait oser. Comme il fallait oser la cruelle peinture de la société sicilienne que nous offre Bolognini avec la complicité de Pasolini coscénariste du film.
Le Fanfaron a été réalisé par Dino Risi en 1962. Certains cinéphiles castrais se souviennent de la venue à Castres de ce géant du cinéma en 1994. Le Fanfaron réunit pendant deux jours un riche bourgeois sûr de lui et un jeune étudiant timide. La confrontation de Vittorio Gassman et du jeune Jean-Louis Trintignant est un sommet du cinéma italien dont on ne se lasse pas, même après l’avoir vu plusieurs fois Le père d’Italia réalisé par Fabio Mollo en 2018 décrit la rencontre fortuite de Paolo, jeune homosexuel turinois vivant une séparation difficile et Mia exubérante jeune femme enceinte de 6 mois. Ils vont être entraînés dans un voyage à travers toute l’Italie. Fabio Mollo tire de la rencontre entre ces deux personnages cabossés par la vie, sans repères ni avenir, une comédie acide et un peu mélancolique. Sans militantisme, le film interroge sur le poids des traditions et de la religion et sur notre peur face au regard des autres.

L’âge d’or des ciné-clubs d’Emanuala Piovano, également réalisé en 2018 nous montre un homme revenant dans le village de son enfance lors du décès de sa mère propriétaire d’une salle de cinéma en plein air. Il se retrouve confronté à ses souvenirs et au fantôme de sa mère. Ce film magnifique, sans être un biopic, est un hommage à une figure majeure de la cinéphilie italienne des années 60 -70 : Annabella Miscuglio, féministe engagée et fondatrice d’un célèbre ciné-club.

Ces deux derniers films bénéficieront de séances supplémentaires dans les jours suivants.

Les renseignements complémentaires sur les films et les horaires sont disponibles sur les présentoirs du Lido.