Sivens : le rapport des experts rendu

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Le Conseil général prend acte mais…

 

D’ores et déjà, le président du Conseil général, Thierry Carcenac, a montré clairement sa préférence pour le premier scénario. Dans un communiqué, le Conseil général du Tarn “prend acte de l’alternative entre deux solutions imposées par l’Etat”. “Le Département constate que les rapports successifs ont tous conduit à la reconnaissance sans ambiguïté d’un réel besoin en eau dans la vallée du Tescou, tant pour le maintien d’un bon état écologique que pour la compensation des usages agricoles. Ils ont également admis que ces besoins ne pouvaient être couverts que par des solutions de gestion collective de ressources de substitution, et dans le cadre d’un projet de territoire équilibré (…)” estime le Département. “Aujourd’hui le Département du Tarn prend acte de l’alternative entre 2 solutions imposées par l’État. Il note que celle de la retenue d’eau sur le site de Sivens, décalée et sous dimensionnée, reste la moins coûteuse et la plus efficace pour répondre aux besoins du territoire et utiliser au mieux les acquisitions foncières et travaux déjà réalisés. Son déplacement à quelques mètres de l’emplacement initial démontre également une volonté d’apaisement vis à vis des opposants et permet une réduction significative de l’impact sur la zone humide du Testet”.

L’Assemblée départementale avait indiqué le 31 octobre dernier qu’elle suivrait les préconisations de la mission ministérielle. Il lui appartient désormais, en sa qualité de maître d’ouvrage, de se prononcer dans les prochaines semaines sur les suites à donner. Cette décision prendra en compte, en priorité, les attentes légitimes d’un territoire meurtri par des événements violents dont il a été la victime involontaire, et dont les réels besoins en eau ont été constatés par tous. Et le Conseil général de rappeler sa priorité : “Pour autant, des réponses claires et rapides doivent être apportées aux interrogations majeures que sont le devenir des autorisations actuelles, la prise en charge financière des dépenses déjà réalisées, la garantie d’obtention d’aides publiques, et, avant tout, la fin de l’occupation illicite du site de Sivens.”

 

“ Chronique d’une mort annoncée ” pour les les Chambres d’agriculture du Tarn et du Tarn-et-Garonne

 

Pour Jean-Claude Huc, président de la chambre d’agriculture du Tarn, et Jean-Paul Rivière, président de la chambre d’agriculture du Tarn-et-Garonne : “les Chambres d’agriculture du Tarn et du Tarn-et-Garonne ont participé jusqu’au bout au simulacre de concertation voulu par Mme Royal. Elles ont pris acte des conclusions qui préconisent 2 solutions alternatives au projet initial. ”

Les deux présidents soulignent que les deux Chambres “ dénoncent le mépris de Mme Royal vis-à-vis des acteurs locaux : celle-ci a communiqué dès le 16 janvier ses conclusions aux médias en enterrant d’emblée le projet initial sans attendre la dernière réunion avec les acteurs locaux, confirmant ainsi que l’ensemble de la concertation n’était qu’une parodie de démocratie participative avec des experts sous contrôle et une conclusion connue dès le départ. Elles dénoncent la totale absence de courage politique :

De Mr Le Foll, muet sur le sujet, bien que sollicité en tant que Ministre de l’agriculture : il n’est jamais intervenu sur ce dossier stratégique dont l’issue impactera toute la politique de l’eau et l’agriculture du bassin Adour Garonne.

De Mme Royal, qui après avoir rendu son arbitrage , abandonne les acteurs locaux face au jusqu’au boutisme des apôtres de la décroissance qui n’ont d’autre ambition que de faire échouer tous les projets de développement économique y compris par la force.

– De l’État, qui capitule devant des “ Camille ” armés et cagoulés qui volent, dégradent et occupent un espace privé en même temps que l’espace médiatique. Les 2 Chambres d’agriculture, organismes représentatifs, en accord avec les 2 Conseils généraux ont participé activement à la concertation :

– Elles sont prêtes à expertiser une solution de retenue réduite à 1,1 M m3 qui protégerait la zone humide.

– Elles sont prêtes à mettre en oeuvre le projet territorial demandé par l’État.

Mais face à ces représentants élus démocratiquement par leurs pairs, on désigne comme partenaires de négociation des interlocuteurs dont la représentativité reste à démontrer, sans aucun lien avec le territoire ou l’agriculture, arque-boutés sur des positions extrêmes, bloquant

le dialogue qu’ils appelaient par ailleurs de leurs voeux, et refusant tout projet quel qu’il soit ! Alors que le rapport met en évidence de façon très explicite que l’activité agricole est la seule activité économique génératrice d’emplois du bassin du Tescou, que les exploitations agricoles de taille modeste y sont encore nombreuses, et que leur pérennité est tributaire de filières agricoles à forte valeur ajoutée pour lesquelles l’irrigation est une nécessité, c’est tout un bassin qui va être sacrifié sur l’autel de tractations politiques.

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