Table-ronde « Femmes en détention, du dedans au dehors » le vendredi 22 novembre au musée-mine départemental à Cagnac-les-mines

Natacha Chetcuti-Osorovitz, sociologue et anthropologue. Enseignante-Chercheure Centrale Supélec-Université Paris-SaclayRattachée au Laboratoire Institutions et Dynamiques de l’Economie et de la Société (IDHES-UMR 8533) de l’Ecole Nationale Supérieure (ENS) Paris Saclay (Site Cachan). Photo de ©Carole Vidal.

Cette journée propose de faire un focus sur les femmes en détention  et de nous montrer comment s’organisent les relations du DEDANS au DEHORS. Plusieurs intervenants sont conviés pour faire le tour de la question.

La matinée sera consacrée à la présentation du milieu carcéral féminin et des peines encourues par les femmes.

Natacha Chetcuti-Osorovitz, sociologue et anthropologue, abordera le sujet « Surveiller et punir les femmes ».

Ses travaux portent actuellement sur le rapport entre genre et violence. Elle prépare un ouvrage sur l’expérience carcérale des femmes en longues peines (Editions la Dispute). Ce travail ouvre un questionnement sur le rapport entre genre et expériences carcérales en France autour de la question de la disciplinarisation carcérale au sens de l’apprentissage des normes carcérales et de leur concrétisation quotidienne dans le parcours d’exécution de la peine, et les violences vécues et/ou subies ressaisies au prisme des rapports sociaux de sexe. Dans cette continuité, et depuis trois ans, Natacha Chetcuti-Osorovitz coordonne un séminaire mensuel au laboratoire de la MSH Paris-Saclay à l’IDHES de L’ENS-Paris-Saclay : « Genre et monde carcéral ».

L’après-midi présentera des exemples plus concrets d’actions menées auprès des détenues : ateliers artistiques et de théâtre pratiqués avec des artistes et des compagnies.

Marion Lachaise, artiste, présentera le projet « Antiportraits, Réau ».

Huit femmes, emprisonnées, défilent sur une scène imaginaire : ce sont les protagonistes d’ « Antiportraits, Réau ». Tour à tour, elles viennent nous raconter des bribes de leur histoire, la façon dont la vie carcérale altère leurs sentiments et leurs perceptions sensorielles, trouble le rapport au passé et assurément à l’avenir. Elles parlent face caméra, ni floutées ni camouflées, mais transfigurées en personnages fabuleux par l’artiste Marion Lachaise.

Pour ce projet, l’artiste déploie à partir de différents médiums – vidéo, sculpture, photographie – une plastique de défiguration. Visages et paroles sont la matière de processus combinatoires qui transfigurent le champ du visible. De sensibilité expressionniste, ses représentations appellent une expérience de déplacement et de dépassement des apparences, une exploration inattendue des êtres par morcellement, un événement subjectif du temps et de l’espace. Sa plastique évoque la notion de scène : la construction d’une intrigue.

Cette journée se terminera sur la présentation d’une création théâtrale co-élaborée avec les détenues de la prison de Seysses : « Eclosion : journal de corps féminins en détention ».

Des femmes en détention ont écrit quotidiennement le « journal de leur corps », en écho au livre de Daniel Pennac, « Journal d’un corps ». Corps organique, musculaire, charnel, corps cocon, enfermé, incarcéré, silencieux. Tantôt chrysalide, tantôt papillon, le corps se referme ou se déploie, retrouve ses sens ou les perd, manque d’espace et cherche sa respiration, son mouvement, ses battements. De la femme « dedans » à la femme « dehors », le corps est, reste, l’espace de la liberté intime, du secret… du secret partagé.

Les textes des détenues, en voix off, portent la bande son initiée par des fonctions organiques : battements de cœurs, respirations, monitoring…La danseuse, femme-cocon, femme attente, essaie de retrouver sa mobilité perdue, de se déployer, accompagnée par la force évocatrice de la vidéo.

L’exposition « Prisons : genre féminin » développée par l’ENAP (Ecole nationale d’administration pénitentiaire) complète la connaissance du public. Elle sera visible jusqu’au 4 décembre 2019.

En lien avec Cultur’elles et cette table-ronde le musée propose la découverte de l’exposition « Prisons : genre féminin » développée par l’ENAP. Cette exposition présente la particularité des femmes en détention : ce que représente l’incarcération, les causes et les peines de l’emprisonnement, l’âge des détenues.

Cette exposition est composée de documents d’archives, de chiffres et d’images actuelles.

Programme complet de la journée disponible : http://musee-mine.tarn.fr