Transformer l’industrie automobile ou la liquider ?

Depuis près de 10 ans, l’industrie automobile française et européenne est soumise à de profondes mutations.

Les enjeux du changement climatique, la réduction des émissions de CO2 sont aujourd’hui partagés par tous les acteurs, constructeurs automobiles, équipementiers, organisations syndicales, population…

Cette industrie concerne 600 000 emplois en France (contre 1 million en 2010) et 13 millions en Europe. Mais la transformation de l’industrie ne peut se faire à coup de taxes, d’impôts et de normes qui changent tous les deux ans.

Aujourd’hui c’est l’abandon immédiat de la technologie diesel qui est demandé par le député européen Yannick JADOT (déclaration France 2 jeudi 23 avril 2020) en contrepartie des aides européennes et françaises à la filière automobile. Cela représente 30 000 emplois directs en France et près de 90 000 salariés.

Or, la technologie diesel de dernière génération émet moins de particules d’azote (Nox) et d’oxyde de carbone (CO2).

Les études conduites et publiées il y a un an par l’Association Européenne des Constructeurs Automobile en ont fait la démonstration à travers plus de 180 tests comparatifs.

La transition vers les véhicules électriques prendra encore du temps à la fois pour des raisons technologiques : coût et recyclage des batteries, et l’installation des bornes de rechargement dans toutes les communes…

À ce jour, ce n’est qu’une solution possible pour les métropoles !

Deux constructeurs européens, MERCEDES et AUDI en Allemagne finalisent un NOUVEAU véhicule hybride à partir de la
dernière technologie diesel « MILD HYBRID ».

À moins de vouloir relancer en France le mouvement des « gilets Jaunes » par le retour d’une politique de taxes et de mesures coercitives, la puissance publique doit aider la filière automobile en lui fixant un cap (émissions zéro carbone en 2030).

Il appartient aux constructeurs de proposer les choix technologiques et aux concessionnaires d’en faire la promotion pour que les consommateurs puissent faire leurs arbitrages et donc leurs choix.

Le monde d’après doit aussi et d’abord respecter les salariés concernés et les entreprises qui produisent les richesses indispensables pour défendre le vivre-ensemble dans tous les territoires et redresser notre pays. En Occitanie la filière représente 2000 emplois qui en font vivre 6000 en Aveyron.

C’est aussi à cette condition que nous rendrons notre pays attractif pour recréer des activités de productions dans les bassins d’emploi.

Jean-Louis Chauzy,
Président du CESER Occitanie/ Pyrénées-Méditerranée