Un divan(1) de Madame Ségolène Royal
rend : Le jugement de Salomon

I – De l’efficacité des experts

Tout le monde sait bien qu’aux prises avec des situations sans issues, on nomme des experts dont le tâche n’est plus de proposer des solutions mais plutôt de découvrir comment l’on peut sortir de situations bloquées.

Ainsi, la qualité et la rectitude des experts s’apprécient non pas sur la base de réalités ou de nécessités positives mais latéralement sur les dérivées des problèmes.

Les experts de Sivens ont fait ce qu’explicitement on leur a demandé puisqu’entre le maximum possible pour les uns et le minimum de l’acceptable pour les autres, ils ont été conduits à couper la poire en deux.

Cette proposition ne comporte que des avantages :

– ou tout le monde est content et c’est le succès,

– ou tout le monde est mécontent et c’est la preuve de l’impartialité des experts qui n’ont favorisé personne.

Ainsi a-t-on rendu le jugement de Salomon !

Il reste que ce jugement ne fut jamais exécuté puisque l’enfant cité par la Bible devait être coupé en deux et que l’iconographie de cette déplorable éventualité montre que c’est à la taille et dans le sens de la largeur que cette action devait être accomplie.

Or à Sivens, surcroît de difficulté, c’est dans le sens de la longueur que le partage est proposé.

 

II – L’écologie parasitaire

On comprend mieux les difficultés de Madame Royal lorsqu’on la sait aux prises avec le caractère multiple et incohérent du mouvement écologique dont la présence parasitaire ne cesse de s’affirmer sur le Parti socialiste.

Car l’écologie qui est l’une des plus nobles ambitions de l’humanité n’a cessé de s’établir en France sur des dérives sectaires. Celles-ci font que l’écologie ne désavoue qu’à demi-mot les malfaisants ambulatoires qui, sans raisons ni mandats, prétendent mettre fin sur le territoire à tout ce qui ne leur plaît pas.

Cette dérive fascisante devrait cesser d’impressionner les pouvoirs publics et le Gouvernement.

 

III – Les Pastoureaux

Il y eu au XIVème siècle des groupes de jeunes gens inoccupés qui, sous des prétextes des plus nobles, prirent la route afin de les imposer. D’abord applaudis, ils furent bientôt pris pour des illuminés par le peuple qui finit par ne plus les supporter ; devenus redoutables, il fallait les éliminer.

Au XIIIème siècle sous le prétexte d’appeler à la Croisade, des insurgés déferlèrent de Paris sur le Languedoc. Lorsque le Roi Saint Louis était en croisade, Blanche de Castille régente les fit dispersés. Au début du siècle suivant, des groupes de jeunes pastoureaux sont aux portes d’Albi où il fallut les massacrer. Les rescapés s’enfuient vers la région de Narbonne. Les consuls, avertis par le Sénéchal, mettent leur cité en état de défense. Le pape écrit à l’archevêque Bernard de Fargues pour qu’il fasse de même. Les routes et les cols sont barrés et l’on pend systématiquement les chemineaux, les fuyards et tout ce qui ressemblait de près ou de loin à un pastoureau. Bref, il n’en resta plus un seul en Languedoc à l’automne 1320.

Qu’on ne voit là aucune comparaison désagréable pour qui que ce soit.

Mais qu’on apprenne seulement qu’il faut éviter de se laisser impressionner par les premiers venus qui sont les derniers venus lorsque l’on entreprend d’exécuter des décisions publiques pourtant devenues définitives.

Jacques Limouzy

 

(1) Divan : Décision prise par le calife ou l’un de ses ministres (Voir Larousse)

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