« Une main, un bisou, un selfie, ça fait trois voix ! »

Qui ne se souvient de cet excellent ouvrage de l’humoriste Pierre Daninos intitulé « Les Carnets du major Thompson » raillant quelques travers de nos concitoyens tels qu’ils seraient vus par un anglais, et commençant par : « La France est divisée en quarante-cinq millions de Français » ? Il faut bien admettre que depuis quelques années – cela s’est terriblement accéléré depuis trois ans – l’unité nationale est moins que jamais au rendez-vous. Contre vents et marées, voire contre ses propres actes, François Hollande prêche l’apaisement, en se berçant de mots et d’incantations en souhaitant que la réalité leur ressemble, comme lorsqu’il appelle de ses vœux la relance de l’économie ou la baisse du chômage ! Il multiplie les déplacements, même s’il a le culot de leur dénier toute visée préélectorale. Il est omniprésent. Mais est-il là où il faudrait ? Un de ses proches conseillers se félicitait, aux Antilles : « Une main, un bisou, un selfie, ça fait trois voix ! »

L’apaisement ? Partout où il passe il subit des manifestations éclatantes de rejet, quelquefois grossières d’hostilité. Contrairement à ce qu’il croit, l’apaisement ne se décrète pas. Entre le respect de l’autorité de l’Etat et la fermeté du discours s’insinuent l’impuissance et la démagogie. Et puis, comment concilier la volonté d’apaisement avec la partialité des opérations politiques que lui dicte la proximité d’élections  ? Les Français sont en guerre, contre la précarité, la malpropreté, l’incivisme, l’impolitesse, l’abandon progressif de ce qui a fait, qu’on le veuille ou non, l’identité française. Six millions de chômeurs, huit millions de pauvres, invasion migratoire, menace d’attentats de masse, explosion de la délinquance et de la criminalité, guerre civile à l’horizon, préférence étrangère avouée, exode des investisseurs à cause de matraquage fiscal, exode des entrepreneurs à cause d’une règlementation ubuesque, politique étrangère de lèche-babouches et de servilité atlantique, vous pensez que l’apaisement, c’est pour demain ?

La paix civile repose sur un certain nombre de conditions dont aucune n’est remplie. D’abord un projet commun dans lequel toute une population s’investit pour s’inscrire dans une communauté de destin, ce qui implique un minimum d’homogénéité de cette population. Cette homogénéité appelle à son tour l’adhésion à un roman national qui renferme les valeurs fondamentales constitutives d’un peuple. On peut s’en tenir à ce viatique pour comprendre que la politique menée en France par des dirigeants irresponsables va très exactement à l’opposé des prérequis de l’apaisement. Et l’invention de mots vides comme le « vivre ensemble » n’y change rien. Pourquoi ? Parce qu’aucun peuple ne souhaite vivre avec un autre peuple qui lui est hostile sur son propre sol. Mais comment le faire comprendre aux bobos qui, du haut de leur loft ou de leur duplex à terrasse végétalisée ne savent rien de la rue ? Le multiculturalisme se vérifie à l’épreuve des faits. Des réfugiés chrétiens sont même agressés, intimidés et menacés de mort dans des centres d’accueil en Allemagne par des réfugiés musulmans cherchant à imposer la charia. La violence viendra se greffer sans difficulté sur l’échec multiculturel en cours.

Tous les corps constitués de la société manifestent leur mécontentement ? Ils ont tort ? Changeons le peuple ! Peut-on espérer que diviser permette de continuer à régner même sans cap, sans projet, sans colonne vertébrale ? Les faits sont têtus. Et la pente suivie par notre Président contredit absolument ce terme d’apaisement contournant des difficultés conjoncturelles économiques, sociales, judiciaires et culturelles… Ce ne sont pas ses discours, par ailleurs creux et d’une insondable vacuité, à la syntaxe plus que bancale et désordonnée qui feront avancer les choses. La France élit ses Présidents comme on soutient « son club » de foot ! Le niveau où les appareils s’adressent aux électeurs en dit long de la considération qu’ils portent à ces derniers. Le ravi se montre tel qu’il est en réalité, bonimenteur cynique et peu soucieux des enjeux qu’implique la Nation. D’ailleurs, la Nation, qui s’en préoccupe encore, qui en parle avec fierté, désormais  ?

Il arrive un temps où le crédit a fondu, où les bonnes volontés se sont lassées, un temps où les observateurs bienveillants sont devenus légitimement des contempteurs impatients.

Pierre Nespoulous