« Usines textiles du Tarn » par Michel Laborde

Usine Jean-Pierre VEAUTE - Brassac - 26 avril 1984 - Photo de Michel Laborde

Quinze photographies en noir et blanc de Michel Laborde, réalisées dans les années 1980-1990 dans les usines textiles de Vabre et de Brassac prennent place dans le parcours permanent du musée jusqu’au 20 novembre.

Le Département qui conserve de nombreux fonds textiles dans ses collections patrimoniales a fait l’acquisition en 2020 de ces photographies, mémoire vivante de cet autre bassin textile tarnais.

Au cœur du Sidobre, Brassac est un des berceaux du textile tarnais. Tout comme en vallée du Thoré, son histoire résulte d’un long savoir-faire traditionnel qui a débuté au XVIIe siècle.

Tout a commencé avec des moulins à foulon, implantés sur les berges de l’Agout. L’eau fournissait l’énergie nécessaire pour faire tourner ces moulins puis plus tard les machines d’usines.

C’est la famille Veaute qui, vers 1640, implante la première des métiers mécaniques à Brassac. Elle sera suivie par beaucoup d’autres… Cette fabrication semi-industrielle s’accompagne de la multiplication d’ateliers à domicile. Certaines entreprises se spécialisent aussi au début du XIXème siècle dans les techniques de maille pour fabriquer des chaussettes, pull-overs et autres jersey. Au début des années 1960, l’activité décline. En 1970, il ne reste que sept usines qui emploient à l’époque quelque 450 personnes. A l’aube de l’an 2000, l’activité textile ne représente plus qu’une centaine d’employés pour deux filatures et une entreprise de tissage.

Peu de photographies sur le monde industriel du textile nous sont parvenues, aussi le regard de Michel LABORDE nous est précieux. Il est précis et sensible, faisant écho au patrimoine industriel conservé par le musée. Il a su restituer la force du geste et des savoir-faire textiles. Ses photographies montrent l’importance de ce savoir immatériel, similaire à Brassac et à Labastide-Rouairoux.

Michel LABORDE est un photographe autodidacte qui a appris en suivant les conseils d’autres photographes. Il aime à photographier le spectacle vivant, le jazz… tout ce qui fait matière. C’est par curiosité qu’il a pu franchir les portes des usines textiles et capter sur la pellicule ces instants ouvriers.

Il montre le nécessaire travail de préservation et de conservation de l’histoire textile comme peut en témoigner le musée.

Usine Jean-Pierre VEAUTE – Brassac – 26 avril 1984 – Michel LABORDE

A découvrir dans le parcours permanent du musée jusqu’au 20 novembre.

« Je suis arrivé à Brassac dans le Tarn le 1er janvier 1979. Il ne m’a pas fallu longtemps pour trouver la rue Fuziès à Castres et faire la connaissance de Roland Laboye. Je suis toujours admiratif envers « la photo du mois ». De nos échanges est née une amitié qui dure encore aujourd’hui. Grace à lui j’ai connu la galerie du Château d’Eau à Toulouse. De là j’ai eu connaissance des ateliers photographiques organisés par la Fédération de œuvres laïques du Tarn. « Ces rencontres m’ont permis de suivre un stage avec Claude Raymond Dytivon, de rencontrer Yves Jeanmougin et Chantal Balez, j’ai manqué un stage avec Marc Garanger et un autre avec Guy Le Querrec. Il m’a fallu aller en Arles pour suivre son enseignement.

A partir de ce moment-là, je suis entré « en photographie » comme d’autres entrent en religion.

De ces rencontres avec trois membres de l’agence VIVA est né mon choix de réaliser des photos-reportages. Travailler à Brassac m’a donné l’occasion de rencontrer quelques chefs d’entreprises d’usines textiles, ils m’ont permis de réaliser des prises de vues dans leurs établissements  » Michel Laborde