Véronique, une œuvre délicieuse pour les 65 ans des Compagnons du Théâtre

« Véronique », montée en 1987 par les Compagnons du Théâtre, avec Michel Vaissière et Véronique Jean dans les rôles titre.

Les 27, 28 et 29 avril à Castres, les Compagnons du Théâtre joueront l’œuvre qui les a vu renaître en 1986 : « Véronique », d’André Messager. La troupe, qui fête les 65 ans de sa fondation cette année, a confié son orchestre à un jeune chef toulousain, Julien Ursule.

« Véronique ». En 1987, cette pièce joyeuse, sautillante et délicate avait servi de tremplin à Michel Vaissière, le baryton martin issu de Brassac qui n’imaginait pas la carrière qui se présentait à lui : devenir artiste lyrique professionnel et entreprendre une carrière internationale. Celui qui interprétait Florestan à ses débuts sera Coquenard dans cette nouvelle production, offrant, à n’en pas douter, une véritable truculence à ce rôle.

Cette année, la grande première sera pour Julien Ursule. Il effectuera sa première direction d’orchestre pour une œuvre lyrique. Formé au métier d’orchestre par Michel Plasson, au sein de l’Orchestre National du Capitole de Toulouse, ce jeune violoniste toulousain a des goûts musicaux éclectiques puisqu’on le retrouve régulièrement dans des formations classiques ou de variétés. Il est actuellement membre permanent de l’orchestre de chambre Occitania et directeur artistique des productions Radici, à Toulouse.

Composé en majorité par des jeunes des conservatoires de la région, l’orchestre des Compagnons du Théâtre, dont Julien Ursule a été membre pendant plusieurs années, jouera la partition de Messager. Ce compositeur, condisciple de Gabriel Fauré et de Camille Saint-Saëns, a codirigé l’Opéra de Paris de 1908 à 1914. Avec « Véronique », il a signé l’un de ses chefs d’œuvres dans le genre.

Le livret d’André Vanloo et Georges Duval situe l’action à l’époque de la Monarchie de Juillet. Louis Philippe est le premier Roi des Français, et le fleuriste Coquenard va expérimenter les délices de la Cour avec son épouse Agathe. Mais ce qui se trame, à part la nomination de Coquenard au grade de capitaine de la garde nationale, c’est le mariage, sur ordre du roi, du vicomte Florestan de Valaincourt avec Mademoiselle Hélène de Solanges. Cette dernière va astucieusement faire patienter son soupirant coureur de jupons, en se faisant passer pour une autre : Véronique. Le quiproquo ainsi installé jusqu’au dénouement, l’opérette pourra mêler, comme toujours, le vaudeville au conte de fées. Parmi les airs les plus connus on retrouvera « Poussez, poussez l’escarpolette », «  De-ci, de-là, cahin-caha, va chemine va trottine » (le célèbre duo de l’âne), et « Adieu, je pars ». Les ensembles « Allons, allons à Romainville » et « C’est Estelle et Véronique », ainsi que les quatuors « Alors tout est fini » et « Oh ciel » raviront les spectateurs.

Après avoir monté « Les Noces de Figaro », en 2017, en co-production avec le Festival de Saint-Céré, l’opéra de Clermont-Ferrand et celui de Massy, Éric Perez revient à Castres pour la mise en scène de « Véronique ». Ce baryton, interprète de Ferré, Caussimon et Vian, avait joué le rôle de Mars dans « Orphées aux enfers » d’Offenbach, produit par les Compagnons en 1989. Il a harmonieusement transposé l’époque pour créer une atmosphère impressionniste sur les bords de Marne, dans des décors de Loran Martinel.

Le chœur ayant répété depuis le mois de septembre sous la direction de Didier Oueillé et d’Éric Laur, cela fait deux semaines que les solistes sont arrivés à Castres pour prendre leurs rôles. Aux côtés de Lydia Mayo, Marie-France Calmels et Michel Vaissière, qui sont des habitués des spectacles des Compagnons du Théâtre, on découvrira, comme toujours, de nouveaux talents lyriques : Morgane Bertrand (Véronique), Gilen Goicoechea (Florestan), Clément Mathieu (Loustot), Gaëtan Baratto (Séraphin) et Bertille Jollet (Denise).

Il reste peu de temps à ceux qui n’ont pas pris leurs billets pour réserver leurs places. Les spectacles des Compagnons du Théâtre sont toujours un succès.

Richard Amalvy

Distribution : Hélène-Véronique (Morgane Bertrand), Florestan (Gilen Goicoechea), Agathe Coquenard (Lydia Mayo), Coquenard (Michel Vaissière), Ermerance (Marie-France Calmels), Loustot (Clément Mathieu), Séraphin (Gaëtan Baratto), Denise (Bertille Jollet).

 Fiche technique : Éric Perez (mise en scène), Julien Ursule (direction musicale), Didier Oueillé (chef de chœur), Éric Laur (chef de chant), Loran Martinel (affiche et décor), Maison Grout (costumes), Marie José Amalvy (directrice de production), Jean-Philippe Arbona (assistant à la production), Claudie Lignan-Assolari (Script). Avec les techniciens du théâtre municipal de Castres.


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Grâce aux Compagnons du Théâtre, Castres est une étape incontournable dans le monde lyrique français. La compagnie, composée de chanteurs amateurs avertis et d’artistes en voie de professionnalisation ou confirmé, est un véritable tremplin artistique. De ce fait, elle reçoit le soutien financier de la Ville de Castres, du Conseil départemental du Tarn, du Conseil Régional et du Conservatoire départemental. Depuis quelques années, vous avez la possibilité de participer à cette aventure artistique en devenant généreux donateurs. L’association jouit de la reconnaissance « éducation populaire » et « intérêt général ». Les dons ouvrent droit à une déduction fiscale de 66 % pour les particuliers et de 60% pour les entreprises. Tous ces soutiens sont réinjectés dans l’économie locale (décors, couture, restauration, imprimerie).

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L’affiche du spectacle, dessinée par le décorateur Loran Martinel.