CPF : Vous allez devoir payer cette somme si vous souhaitez utiliser votre cagnotte, voici pourquoi

Dans le cadre des 10 milliards d' supplémentaires d'économies annoncées pour cette année, le gouvernement a décidé la mise en place d'une contribution fixe des employés à leur compte personnel de formation (CPF) à partir de 2024. Cette mesure devrait permettre de réaliser d'importants gains budgétaires sans décourager les salariés de se former.

Une contribution salariale pour réduire les dépenses publiques

Thomas Cazenave, ministre délégué en charge du Compte Public, a annoncé lundi que cette nouvelle contribution serait introduite dès cette année, avec pour objectif de générer 200 millions d'euros d'économies sur un total de 2 milliards. Le gouvernement entend ainsi mettre en œuvre une mesure jugée « juste » et « nécessaire » dans un contexte budgétaire difficile. Un décret fixant les modalités de cette contribution doit être publié en avril prochain, selon le ministère de l' et des Finances. Les utilisateurs du CPF devront supporter une quote-part fixée à 10% du prix des formations suivies, sauf pour les demandeurs d'emploi.

Des coûts maîtrisés pour les employés

En pratique, ces frais ne devraient pas peser trop lourdement sur le budget des salariés souhaitant se former, puisque la participation financière restera loin des 20% à 30% du coût des formations qui étaient envisagés initialement. Le ministère de l'Economie estime qu'il était important d'établir un taux de contribution proportionnel, afin de ne pas dissuader les salariés de s'inscrire à des formations moins coûteuses et, au contraire, d'encourager ceux qui envisagent des cursus plus onéreux.

Des économies supplémentaires pour réduire le déficit public

Le gouvernement a également revu à la baisse sa prévision de croissance pour 2024, la faisant passer de 1,4% à 1% seulement, dans l'espoir de ramener le déficit public à 4,4% du PIB cette année. Ce nouvel effort s'ajoute aux économies déjà programmées (environ 16 milliards d'euros) par la suppression notamment de certaines niches fiscales dans le domaine énergétique. Selon le ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, ce ralentissement économique est « le prix à payer » pour la nécessaire lutte contre l'inflation, alimentée notamment par la hausse des taux d'intérêt décidée par la Banque centrale européenne. Dans ce contexte, l'Etat doit lui aussi faire des efforts en matière de budget. « Face à une fiscale moins favorable que prévu, nous avons demandé à tous les ministères de se serrer la ceinture, » explique Thomas Cazenave.

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Les principales sources d'économies annoncées

  • D'une part, la moitié des économies réalisées (soit environ 5 milliards d'euros) devrait provenir des budgets de fonctionnement des ministères. Par exemple, 700 millions d'euros pourraient être économisés grâce à la réduction des dépenses de personnel et au ralentissement des recrutements.
  • D'autre part, l'introduction de la contribution salariale fixe au CPF et la réduction d'un milliard d'euros de l'aide à la rénovation énergétique (MaPrimeRénov') sont également prévues en vue d'une meilleure maîtrise budgétaire.
  • Enfin, le gouvernement souhaite revoir les montants accordés pour les contrats d'apprentissage, sans toutefois donner plus de précisions à ce stade.

Vers un meilleur financement de la formation professionnelle ?

Si l'instauration de cette nouvelle contribution salariale peut susciter des interrogations, elle pourrait également permettre de responsabiliser davantage les employés et de les inciter à mieux choisir leurs formations professionnelles. Dès lors, l'enjeu sera de s'assurer que cette mesure contribue réellement à soutenir avant tout les cursus les plus pertinents et utiles pour l'évolution des compétences des salariés dans un monde du travail en constante mutation. Dans tous les cas, cette annonce confirme une fois de plus que la question du financement de la formation professionnelle est au cœur des préoccupations budgétaires et économiques du gouvernement dans les années à venir.

Étudiante convaincue que sans communication le monde ne fonctionne pas, j'ai suivi un parcours de Communication et de Multimédia. Passionnée dans tous les domaines que j'exerce, je rédige pour la semaine de Castres sur plusieurs sujets.