Immobilier : La crise risque de durer plus longtemps que prévu, voici pourquoi…

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Après le report pour la déclaration des biens immobiliers, nous assistons peu à peu à un déclin historique du marché. En seulement un an, le paysage de l' en a subi une transformation radicale, évoluant de la stabilité à une véritable . La combinaison d'une chute vertigineuse des taux d'octroi de crédits et d'un effondrement du volume des transactions a plongé le secteur dans une période de tumulte. 

Mais, derrière ces statistiques se dessine une réalité beaucoup plus nuancée, influencée par des décisions politiques, des facteurs géopolitiques et des considérations liées à l'écologie. Malheureusement, tout semble indiquer que cette tendance à la baisse ne va pas s'interrompre de sitôt.

Le déclin du marché immobilier ?

Le taux d'octroi de crédits immobiliers en France continue sa trajectoire descendante. En août, il a atteint un nouveau plancher à 43,2 %, d'après les données de l'Observatoire /CSA. Cette diminution découle principalement de la hausse significative des taux d'intérêt, passant de 1,82 % à 3,8 % en seulement un an

Par conséquent, les transactions immobilières ont enregistré un recul marqué, en raison de la difficulté à financer de tels projets. Selon les prévisions de la Fédération nationale de l'immobilier, le nombre de transactions pour cette année devrait se limiter à 925 000, comparé à 1,2 million en 2021.

D'après l'économiste spécialisé dans le domaine de l'immobilier, Michel Mouillart, ce renversement de tendance n'a rien de surprenant. Il affirme que cela découle de décisions prises dès 2019, dont les conséquences néfastes sont devenues incommensurables. Il précise que le marché a commencé à montrer des signes de dégradation dès le quatrième trimestre de 2021, et que cette tendance s'est poursuivie tout au long de l'année 2022. 

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Cela s'est traduit par un ralentissement de l'activité immobilière, marqué par une diminution du nombre de transactions et du volume des crédits accordés. Depuis lors, cette détérioration s'accentue à un rythme similaire, en particulier dans le secteur de la construction de maisons individuelles.

Une baisse du taux d'intérêt serait une solution plausible ?

Selon l'experte Ingrid Nappi, la crise actuelle ne peut pas être uniquement attribuée aux problèmes géopolitiques, tels que la guerre en Ukraine. Elle met en avant principalement le rôle crucial de la transition écologique, qui a notablement entravé l'évolution du marché immobilier. « La question de la transition écologique urbaine, indispensable pour faire face au réchauffement climatique, exige une adaptation du mode de production de logements […]. Une véritable transition est en cours, mais cela demande du temps », explique-t-elle.

De plus, elle souligne que de nombreux Français ont renoncé à contracter un prêt immobilier en raison des nouvelles exigences imposées par les banques. Le Haut Conseil de Stabilité Financière les a incitées à exercer une plus grande vigilance concernant la solvabilité de leurs clients. Selon Ingrid Nappi, les solutions à cette situation doivent donc être de nature « politique ». Elle estime que « cette convergence de facteurs nécessite une révision en profondeur de la réglementation relative à l'occupation du parc immobilier ».

Michel Mouillart, de son côté, met en évidence le fait que même si « les taux de crédit immobilier baissent en 2024, cela ne garantit pas nécessairement une reprise des marchés immobiliers ». Ingrid Nappi, quant à elle, envisage la possibilité d'un retour à la normale, mais elle souligne que cela pourrait prendre du temps. 

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Elle met en garde en expliquant que « le marché va se stabiliser, mais cette transition sera progressive. Il ne faut pas sous-estimer l'impact psychologique sur les acteurs immobiliers. Pour les vendeurs, il est souvent plus difficile d'accepter la baisse des prix que l'inverse », avertit-elle.

L'immobilier traverse une période de crise complexe, influencée par une série de facteurs économiques, financiers et écologiques. Cette crise ne se limite pas aux fluctuations des taux de crédit, mais découle également de décisions politiques et de l'impératif de la transition écologique. 

L'analyse d'experts tels que Michel Mouillart et Ingrid Nappi indique que même si les taux de crédit peuvent connaître une évolution favorable en 2024, la reprise des marchés immobiliers ne sera pas immédiate. Les effets psychologiques de la baisse des prix et les nouvelles exigences bancaires auront un impact sur le temps nécessaire à la stabilisation du marché. 

En fin de compte, la crise immobilière actuelle semble s'inscrire dans la durée, nécessitant une approche réfléchie et des réponses politiques adaptées pour retrouver une stabilité à long terme.

Rédacteur chevronné dont le stylo a souvent navigué au gré des vagues de la vie politique. Doté d'une plume perspicace, j'ai appris à décrypter les méandres des systèmes politiques et de mettre en lumière les enjeux majeurs de notre société